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Il était une fois un petit escargot nommé Cléobule
En hommage au célèbre rhodien qui sur le mont Krana déambule
Près du tombeau du même nom à travers les terres de Lindos.
Cléobule avait hérité d’une coquille aussi dure qu’un os.
Il aimait se promener en protecteur de Bélindia sa sœur
Roulant fièrement sa bosse, traçant sans peur
A travers les vastes terres ocres dès son plus jeune âge
Entre rochers, oliviers, menthes, thyms et figuiers sauvages.
Aujourd’hui la pluie réveillait l’humus de mille parfums grecs
Les deux petits étaient de sortie dans leurs coques bien au sec
Quand soudain, un pied de géant s’abattît sur Cléobule
Dans un fracas étourdissant, sa fierté éclata comme une bulle
Pour le laisser nu, brisé, semi-enterré et sans logis.
Bélindia connut un destin opposé emportée serait-ce par magie
S’envolant dans les airs pour passer le chemin
Comme soulevée par une céleste et bienheureuse main.
Aussitôt atterrie elle se remit de sa lévitation
Et chercha son grand frère qu’elle aimait avec passion.
Espérant un miracle, elle le retrouva non sans peine
Enseveli aux trois-quarts, repéré seulement par ses antennes.
Le sable avait amorti sa chute, protégé par sa carapace,
Cléobule était vivant mais nu comme une limace.
Si le Sort peut frapper sans raison de tout temps
Mieux pour survivre être comme Cléobule bien-portant
Notre escargot l’apprit ce jour-là à ses dépends
Dont la vie aujourd’hui de sa sœur dépend.